Une mosquée construite au Clou-Bouchet
Niort. Une association compte financer l’édification d’un lieu de culte. La Ville accepte de lui louer le terrain. Le projet ne prévoit pas de minaret.
" Des difficultés d'ordre public "
Aujourd'hui, les musulmans, pour pratiquer, se contentent de locaux installés dans deux anciens appartements HLM (propriétés d'Habitat Sud Deux-Sèvres), rue Henri-Sellier : 104 m2 « aujourd'hui trop petits pour accueillir dans de bonnes conditions les fidèles, notamment pour la célébration de cérémonies particulières », indique la délibération présentée aux élus. « Le nombre de fidèles dépasse largement la capacité d'accueil, ce qui pose des difficultés de sécurité et d'ordre public », ajoute le texte.
La Ville ne verse pas un centime pour la construction de l'édifice. Mais elle louera le terrain sous forme de bail immobilier de très longue durée, avec un loyer annuel de 596 €, sur 99 ans. Un montage dont la municipalité assure qu'il est comparable à ce qui s'est fait pour l'église Saint-Jean-Baptiste, construite au Clou-Bouchet il y a une vingtaine d'années. « Nous ne finançons rien. Nous rendons simplement possible une mosquée. Il n'y a pas de différence de traitement entre les différents cultes », expliquait hier le maire, Geneviève Gaillard. Les discussions entre la municipalité et l'association durent depuis plus d'un an. Un dialogue qualifié hier de « bon et serein » par Geneviève Gaillard. Le bâtiment comportera deux salles de prière et un espace d'accueil. Mais pas de minaret, contrairement à la mosquée de Poitiers. La Ville, qui ne veut pas d'un « projet démesuré », ne l'aurait pas accepté et l'association ne l'avait d'ailleurs pas prévu.
1,8 million d'euros
Les élus de la droite municipale ont fait savoir leur opposition au projet. Pas par hostilité de principe à l'édification une mosquée, explique Marc Thébault. Mais par défense de la « laicité ». Pour plus de clarté, et ne pas avoir l'air d'aider un culte en particulier, l'opposition préférerait que la Ville se contente de vendre le terrain.
A l'heure actuelle, les 1,8 million d'euros nécessaires à la construction de l'édifice ne sont pas encore réunis.





